Avec la Banque Publique d’Investissement régionalisée (cf. article d’hier sur la proposition N°1), un interlocuteur unique pour les PME permettra de mettre en adéquation les besoins des entreprises et l’épargne, avec un rendement plus sûr et moins capricieux, inscrit dans le temps de l’entreprise et non dans celui, fluctuant, des marchés financiers à court terme.

De même le Crédit d’impôt recherche est une « niche » que nous devons conserver, et mieux orienter pour que les PME puissent en bénéficier davantage. Les projets innovants ne manquent pas dans notre pays, mais ce sont souvent les tracasseries administratives et le peu d’audace des banques privées qui freinent ces investissements.

Concernant la commande publique, le code des marchés doit être revu pour permettre en toute transparence, l’économie de proximité. Le raisonnement économique doit être global. Il apparait parfois moins coûteux de faire venir une entreprise de Pologne (pas forcément de plomberie…) pour un marché public. Mais le vrai coût doit également comporter le coût social de la soustraction de ces marchés à l’économie française, sans même parler des bilans carbones.

Lorsqu’une collectivité a la volonté de faire travailler les PME de son secteur géographique, de son Département, cela n’est juridiquement pas possible car, cela constituerait un désavantage pour les autres entreprises.

A titre d’exemple, il est très difficile aujourd’hui d’utiliser dans les restaurants scolaires des produits issus de la production locale. A Marcoussis, il a fallu sortir du marché des produits de restauration la denrée « Pain » pour pouvoir faire travailler les boulangers locaux. La somme globale de cette commande annuelle sur 3 années étant en dessous du seuil des marchés. Cela n’est donc, stupidement pas possible dans une grosse commune !

De la même façon, nous souhaitons donner aux enfants de la restauration scolaire des produits cultivés dans nos champs, mais c’est un casse-tête juridique…

Nous devons donc revisiter le Code des Marchés en sériant les typologies de marché pour permettre aux collectivités de travailler avec des PME locales. C’est aussi l’occasion de clarifier les conditions d’ouvertures de la commande publique aux produits issus de l’économie sociale et solidaire.

De plus en plus les très grosses entreprises multinationales se partagent les marchés publics et absorbent les PME. A terme, c’est tout notre tissu économique local qui en pâtira et la concurrence finira par être faussée, faute de concurrents !

Il faut aussi encourager les PME à se grouper pour répondre aux commandes publiques, pour diversifier leur offre mais aussi pour se doter des moyens administratifs et techniques qui leur manquent pour réponde à des cahiers des charges de plus en plus complexes.

Demain, je vous parlerai de la proposition N°3 : Favoriser l’emploi et la production en France