"À travers ses fonds régionaux, je favoriserai le développement des
PME et je permettrai aux Régions, pivots de l’animation économique, de prendre
des participations dans les entreprises stratégiques pour le développement
local et la compétitivité de la France. Une partie des financements sera
orientée vers l’économie sociale et solidaire."

Je
note que cette première proposition s’appuie sur le projet des socialistes, qui
démarrait également par ce thème :
« 1.1.1 Réindustrialiser le pays et muscler nos entreprises Il n’y a
pas d’économie forte sans industrie forte ; il n’y a pas d’industrie dynamique
sans puissance publique active – l’Etat, mais aussi les collectivités
territoriales et l’Europe. C’est pourquoi nous créerons une Banque publique
d’investissement. Elle assurera l’effet de levier par le regroupement de la
filiale entreprises de la Caisse des dépôts et consignations, d’Oséo, du Fonds
stratégique d’investissement, de l’Emprunt national, des structures régionales
de capital investissement, des dispositifs d’accompagnement des entreprises de
La Banque Postale et de la Banque de France.
L’effet réseau sera stimulé grâce à une mobilisation de la banque au plus
près du terrain sous forme de fonds régionaux mutualisant les moyens des
Conseils régionaux, des métropoles et des agglomérations (collectivités en
charge du développement économique), des pôles de compétitivité, des filières
territoriales et des grappes d’entreprises, des universités, ainsi que des
partenaires du développement local, notamment le réseau consulaire, les
branches professionnelles et les organisations syndicales. Faisons confiance
aux acteurs locaux, ce sont eux qui connaissent le mieux le tissu
économique.
Attendue par les acteurs, la Banque publique d’investissement aura pour
principale mission de rebâtir une politique industrielle pour la Nation
:
- favoriser la constitution d’entreprises de taille intermédiaire (ETI)
comprenant entre 250 et 5 000 salariés car leur déficit est le talon d’Achille
de notre économie à l’export et pour créer des emplois. Apport de garanties et
participation en fonds propres, ciblage des aides publiques en direction des
PME qui veulent innover ou grandir, encouragement fiscal à la transmission ou à
la reprise d’entreprises dans le cadre familial, par les salariés ou par une
autre entreprise, ou encore protection juridique des brevets et des innovations
– les leviers ne manquent pas.
- investir massivement dans les secteurs d’avenir, favoriser la conversion
écologique de l’industrie, structurer des filières stratégiques. Les impératifs
environnementaux et la demande des puissances émergentes doivent permettre de
faire valoir l’excellence de nos entreprises et de nos centres de recherche
dans plusieurs domaines-clés : les énergies décarbonées (éolien notamment
marin, biomasse, photovoltaïque), les mobilités du futur, qu’elles soient «
réelles » (automobile, logistique, aéronautique, espace) ou virtuelles
(télécommunications, numérique), la chimie-biologie-santé (nouveaux
médicaments, médecine régénératrice, ingénierie tissulaire), l’agro-alimentaire
et les dérivés industriels de l’agriculture (matériaux bio-sources pour
l’isolation et l’éco-conception), la gestion et la maîtrise des risques
naturels et technologiques, mais aussi le tourisme. Un effort particulier sera
porté sur le financement de démonstrateurs et de prototypes.
- prévenir et réparer les dégâts humains et territoriaux de la
désindustrialisation. En permettant les prises de participation au capital des
entreprises en difficulté conjoncturelle mais viables à long terme ou dont le
secteur d’activité est stratégique. En facilitant la réindustrialisassions des
sites et bassins d’emploi frappés par les fermetures ou les délocalisations
d’entreprises. En revalorisant l’image sociale des métiers industriels.
Les fonds accordés seront conditionnés : plan de maintien ou de création
d’emplois, encadrement des dividendes, excellence environnementale (réduction
des .missions de CO2) et sociale (gestion prévisionnelle des emplois et des
compétences), mis en place de réseau de collaborations entre donneurs d’ordres
et sous-traitants.
Les PME, premières sources de l’emploi en France, seront au cœur de notre
stratégie économique. Au sein de la Banque publique d’investissement, nous
créerons une agence des TPE/PME de moins de 20 salariés, qu’elles soient
agricoles, industrielles ou de services, y compris dans le secteur de
l’artisanat. En lien permanent avec les régions et les agglomérations, ses
missions consisteront à les guider dans leurs démarches administratives
(assistance juridique, fiscale et comptable, veille technologique sur les
opportunités de marchés), à leur permettre de réaliser un « diagnostic
innovation » afin de transformer leur potentialités en activités, à leur
faciliter l’aide au financement, au recrutement et à l’export, mais également à
favoriser la prolongation des délais d’échéances de contributions fiscales et
sociales en cas de baisse d’activité, à renforcer le lien avec les universités
pour l’embauche de docteurs. »
C’est justement parce que nous voulons relancer l’économie que cette
proposition arrive en premier dans notre programme, comme une première étape
que nous devons accomplir pour recréer une dynamique vertueuse et une reprise
de l’emploi.
Les PME sont notre première richesse. Un atout oublié par le gouvernement
actuel qui les a davantage fiscalisées que les grandes et très grandes
entreprises.
Et pourtant, mon expérience de terrain, comme Maire, mais aussi comme
Conseiller régional d’Ile-de-France me permet de souligner l’attente forte des
PME. Notre système bancaire privé aujourd’hui est trop timoré pour répondre aux
sollicitations des entreprises innovantes. Les arcanes complexes des démarches
de financement des innovations font que bien des chefs d’entreprises se
découragent de lancer de nouveaux projets.
Il y a par exemple à Marcoussis, une entreprise très innovante qui
développe des nouvelles méthodes technologiques à forte valeur ajoutée et qui a
créé de nombreux emplois de proximité. Le chef d’entreprise dynamique de cette
société m’a plusieurs fois alerté sur les difficultés, malgré des résultats
florissants, à mobiliser de nouveaux fonds pour innover encore.
Une banque publique permettra ce guichet unique tant attendu, mais aussi
d’orienter les fonds vers l’action, la ré-industrialisation, la création,
plutôt que vers la finance.
Créer ce lien organique entre les collectivités les plus proches du
terrain économique c’est à dire les communes, les agglomérations et les régions
et les réseaux d’entreprises, sans oublier les représentations consulaires est
une attente forte des acteurs économiques.
Il ne s’agit pas, comme les caricaturistes de droite le prétendent, de
planifier l’économie par la puissance publique, mais bel et bien de trouver des
réponses adaptées, simples et rapides aux velléités fortes de
développement.
Le caractère public de cette banque permet de dé corréler ses résultats du
monde de la finance et d’objectifs d’actionnaires. C’est un besoin fort.
L’ancrage sur les territoires permet également de replacer la question de
l’emploi au cœur des préoccupations économiques.
Les filières de l’économie sociale et solidaire pourront également par ce
biais trouver un interlocuteur qui intègre leurs problématiques. Nous avons à
Marcoussis la chance d’avoir un chantier d’insertion par le maraîchage bio qui
souhaite innover et se lancer dans la conserverie de légumes. Cette Banque
publique est un maillon important de soutien à ce type de projet
exemplaire.
La région Ile-de-France, souvent pionnière, vous le savez, a déjà, sous
forme de test, créé des programmes d’actions de soutien aux projets innovants
avec des résultats dynamiques et encourageants. La région Poitou-Charente s’est
aussi investie dans la filière écologique, ce qui a permis la création
d’emplois nouveaux.
Loin d’une vision archaïque de notre économie uniquement dépendante de la
bourse et de ses fluctuations et des oukases du MEDEF totalement inféodé aux
plus grandes entreprises multinationales, nous proposons une réelle alternative
économique basée sur notre savoir faire, sur les réseaux et les tissus
locaux.
Cette banque publique a pour objectif d’être le relais de ce tissu et de
fournir ce petit plus dont les PME manquent pour innover, exporter et prendre
des risques.
J’ajoute (ceux qui me connaissent le comprendront) que notre agriculture a
également grandement besoin de cet outil d’investissement. Notre tissu agricole
est composé de PME. Il est aujourd’hui très difficile de trouver des
partenaires pour s’investir dans ce domaine, pour innover, pour relancer une
exploitation, pour se lancer dans une conversion ou dans de nouvelles pratiques
diversifiées et de proximité. Je connais des agriculteurs sur Marcoussis ou sur
le plateau de Saclay, qui souhaitent diversifier leur production, se lancer
dans les circuits court, passer à l’agriculture raisonnée, des agriculteurs
amoureux de leur métier mais désemparés par les difficultés des montages de
dossiers et des suivis bancaires. Cet outil leur sera précieux.
Cette banque publique sera un partenaire important pour le soutienne et le
maintien de nos entreprises agricoles, qui en ont bien besoin, matraquées
qu’elles sont par les réglementations européennes, par les contraintes
écologiques parfois inapplicables, par les difficultés à trouver du foncier
exploitable et par les endettements colossaux générés par l’abandon des
agriculteurs par l’équipe Sarkozy, qui n’a su à chaque crise forte, que
répondre par la jungle du marché.
Demain, je vous parlerai de la proposition
N°2
Commentaires
Bonjour
je connais trés trés bien Oséo, aujourd'hui c'est un grand trompe l'oeil.
Les chargés d'affaires qui sont les véritables relais auorès des entreprises n'ont qu'un objectifs...essayer d'obtenir à tous prix les objectifs délirants de réalisation de crédits qu'on leurs donne. Ils ne sont pas du tout dans une logique d'aide aux entreprises (la partie Oséo garantie important pour l'économie de les intéresse pas, leur seule volonté est de faire du business) ils ont comme obsesson de placer des financements à des entreprises qui n'en ont pas forcément besoin.
je pourrais vous en parler assez longuement, du management....