...Je renégocierai le traité européen issu de l’accord du 9 décembre
2011 en privilégiant la croissance et l’emploi, et en réorientant le rôle de la
Banque centrale européenne dans cette direction. Je proposerai de créer des
euro-obligations. Je défendrai une association pleine et entière des parlements
nationaux et européen à ces décisions. Cinquante ans après le traité de
l’Élysée, je proposerai à notre partenaire l’élaboration d’un nouveau traité
franco-allemand."
Abordant
la nécessaire relance de la construction européenne, dans cette seconde partie
du programme, François Hollande sait qu’il touche un des sujets majeurs du
moment.
En pleine crise de l’Euro, crise européenne, crise bancaire, crise de
confiance en l’Europe, il est impérieusement nécessaire de relancer
l’Europe.
Oui le couple Franco-Allemand doit encore être ce moteur nécessaire à la
relance.
Non la construction de ce couple moteur ne dépend pas des hommes et des
femmes à la tête de nos pays respectifs !
Oui c’est sur un projet d’une autre Europe, éloignée de l’Europe des
banquiers et enfin tournée vers l’Europe des humains, que nous voulons
aller.
C’est par notre choix politique en avril et en mai que nous relancerons
cette nouvelle Europe. Et il faudra bien que Madame Merkel prenne en compte le
vote des français.
La question n’est pas de savoir si elle aime mieux Sarkozy ou Hollande, ce
n’est pas à elle de trancher, ni qui doit diriger notre pays, ni même la ligne
politique que nous souhaitons.
D’ailleurs Mme Merkel serait bien inspirée d’avoir davantage de retenue, car
son peuple, convoqué lui aussi dans quelques mois aux élections pourraient lui
rappeler également quelle Europe les européens veulent.
De plus il est irresponsable pour une chancelière allemande de s’immiscer de
la sorte dans une élection nationale d’un autre pays que le sien, au risque de
faire resurgir, un sentiment anti-européen, voire anti-allemand, qui mettrait
en cause l’héritage de notre amitié construite depuis 60 ans sur les traces de
De Gaulle et Adenauer, Mitterrand et Kohl.
François Hollande a raison de signifier clairement avant même les élections
que le traité ne peut ignorer les questions de croissance et d’emploi. Car
c’est par la légitimité de son élection que nous lui donnerons le mandat
nécessaire à cette re-négociation.
La création d’Euro-obligations est refusée par le gouvernement allemand en
place aujourd’hui et l’on comprend bien pourquoi. Les euro-obligations sont un
pas important vers l’intégration économique européenne, vers une mutualisation
des risques. Le gouvernement libéral allemand refuse de mutualiser sa force de
garantie avec les pays les moins stables de la zone euro. Un peu comme si un
riche refusait de payer davantage d’impôt qu’un pauvre.
Il n’est pas étonnant que Sarkozy et Merkel s’entendent si bien, car la même
logique les habite, celle qui conduit à la mise en place une TVA injuste plutôt
qu’à une redistribution des richesses générées.
En proposant d’associer les parlements nationaux à ces décisions, François
Hollande a bien mesuré qu’il fallait rapprocher les peuples des décisions
européennes et non déléguer ces décisions majeures à une nébuleuse
décisionnaire non élue.
Le traité de l’Elysée qui fixe l’accord Franco-allemand doit également
franchir un pas vers une conduite européenne qui prenne en compte notre besoin
d’une europe sociale, la création de services européens, les moyens d’une
banque utile aux investissements publics…
Plus que jamais, notre réponse aux égarements politiciens de Mme Merkel doit
être de renforcer l’union Franco-allemande, sur une nouvelle ligne politique.
Ce n’est pas à Mme Merkel que nous devons proposer une alternative politique
sociale, mais au peuple allemand lui même, par notre vote massif du printemps
prochain !