29/01/2010

Deux mondes !

Finalement, je pense qu'il doit y avoir deux mondes... celui de la réalité, qu'on perçoit, qu'on partage, qu'on vit et celui qui nous est décrit tous les jours par ce gouvernement.

Me voici parti en campagne électorale pour les élections régionales des 14 et 21 mars prochains, derrière mon ami Jean-Paul Huchon et à chaque déplacement, chaque rencontre je me rends compte de l'incroyable fossé qui s'est créé entre la situation réelle des gens que je rencontre et le tableau qui nous en est fait par la sur-médiatisation du gouvernement et du Président.

Sur le fond, je me demande si les contenants n'ont pas cette fois pris le pas sur les contenus. Il est plus important de bien communiquer dans cette société

d'aujourd'hui que d'agir. Cette dérive est terrible. J'en prends quelques exemples.

élections régionales 2010 :

votez les 14 et 21 mars

pour la liste conduite

par Jean-Paul Huchon :



Pensez à rejoindre le comité de soutien en écrivant à soutiens@huchon2010.fr

actu

11/02/2010

18h : Plénière du Conseil Municipal des Enfants à Marcoussis

17/02/2010

20h30 : Conseil Municipal à Marcoussis

Un exemple de petitesse d'abord ! Le conseiller général de mon canton a eu la bonne idée de distribuer partout des petits tracts (flyers) pour appeler à la solidarité avec Haïti. La forme de ce tract est incroyable. Il y fait une liste d'objets hétéroclites (couvertures, tronçonneuses...) à récolter pour les envoyer (comment, avec quels réseaux et quelle garantie ?) à Haïti et cela est déjà très discutable. Mais encore, sur ce tract figure un certain nombre de logos, dont celui de son association politique (quel rapport ?). Mais surtout, surtout, sur la moitié de ce document s'étale le portrait de ce Conseiller Général peu scrupuleux qui en arrive à cette dérive extrême de la communication, se faire de la publicité personnelle grâce au malheur des autres !

Bien sûr cela est honteux, car évidemment chacun comprendra que son aimable photo sur ce document, ne rapporte pas un euro de plus à la cause d'Haïti ! Le but recherché est uniquement sa propre publicité, démagogique et populiste comme il l'est depuis toujours. Un certain nombre d'entre vous m'ont signalé cet abus.

Si je ne suis pas étonné de ce procédé de la part de ce personnage, je suis en revanche surpris que certains se laissent encore abuser par de telles méthodes.

Autre exemple, dans une autre sphère, moins honteux, mais tout aussi désolant.

Frédéric M. (je n'arrive plus à prononcer son nom...tant il me semble le salir), petit ministre de la Culture de l'actuel gouvernement, ose ce matin sur France-inter dire que les réformes des collectivités n'impactent pas les budgets de la Culture et que ceux qui disent cela veulent profiter de la situation pour faire des économies sur l'action

culturelle.

Chacun sait mon attachement à la Culture et l'importance que j'accorde aux politiques culturelles, qu'elles soient ationales, régionales, départementales ou locales. Non pas parce que la Culture est la Culture, mais parce que ces politiques constituent, à mon sens, autant que celles de l'Education ou du Sport, des leviers fondamentaux pour améliorer notre société, créer du lien social, construire l'égalité des chances. Hélas cette vision n'est pas encore partagée par tous.

Priver les départements et les Régions, comme s'apprête à le faire ce gouvernement UMP, de leur clause de compétence générale, c'est tout simplement empêcher le financement de milliers d'actions culturelles efficaces. Réduire les recettes des collectivités locales (près d'1 million d'€ en moins pour Marcoussis) c'est évidemment les forcer à se concentrer sur des besoins premiers comme la restauration scolaire, les crêches, les routes, les écoles et donc cela conduit inévitablement à des suppressions de crédits dans les champs culturels et sportifs.

Alors, soit Frédéric M. l'ignore, ce qui n'est pas impossible vu son piètre niveau d'implication locale, son incapacité à franchir le périphérique autrement que pour aller dans un cocktail mondain, et la bulle médiatique dans laquelle il vit depuis 30 ans, auquel cas je le plains de sa naïveté; soit il sait la situation réelle des artistes (ceux qui ne sont pas forcément connus), des médiateurs culturels, des lieux et c'est un bon exemple du hiatus entre la communication et la réalité.

Dernier exemple de ce fossé creusé entre ce qu'on nous dit et ce qu'on vit : celui du monde agricole.

Je représentais hier le Parti Socialiste et Jean-Paul Huchon à l'assemblée régionale du plus gros syndicat d'agriculteurs. Un débat était organisé avec : un représentant de l'UMP, agriculteur lui-même, président d'une des deux chambres d'agriculture d'Île de France, membre de l'UMP et conseiller régional sortant; un candidat des Verts, géographe; un candidat du Modem, Bobo avocat (il l'a dit lui-même) et moi-même.

Ce débat, qui a tout de même duré plus de trois heures, était extrêmement intéressant pour un passionné comme moi de politique d'environnement, d'agriculture et de politique tout court.

Je ne vous en ferai pas un compte-rendu détaillé, cela serait certainement fastidieux, mais je veux illustrer le thème de cet article par un constat. Les agriculteurs sont par nature (c'est le cas de le dire) dans le réel. Ils parlent directement et ne s'embarrassent

guère de procédés de communication. Aussi ils sont de bons exemples d'auditeurs à qui il ne fait pas bon vendre des vessies pour des lanternes.

Dès lors les candidats des Verts et du Modem, outre le fait (qui n'est pas de leur faute puisqu'ils ne sont pas actuellement Conseillers régionaux) qu'ils étaient moins au fait des politiques régionales en matière d'agriculture, ont tenté de vendre leur programme, pavé de bonnes intentions, mais déconnecté des réalités du terrain. L'accueil qui leur a été fait fut pour le moins difficile. Le candidat de l'UMP lui, bien que connaissant parfaitement son sujet, étant agriculteur en Île de France et Président de chambre, a courageusement

souligné ses propres contradictions.

Il est candidat UMP et l'UMP prône le Grand Paris qui prévoit de supprimer plusieurs dizaines de milliers d'hectares agricoles. Il trouve le SDRIF formidable, il salue la méthode de concertation de Jean-Paul Huchon, dont il loue la connaissance du milieu agricole, mais il a voté contre le SDRIF à la région.

Il est inquiet de la politique nationale en matière d'agriculture menée par Sarkozy, l'Europe, le Plan Barnier, mais il est candidat de l'UMP.

Il a donc fait le grand écart pendant trois heures sur la scène de la salle des fêtes.

J'ai pour ma part décidé de parler directement des réels problèmes des agriculteurs, qui sont simplement des problèmes économiques.

J'ai refusé d'opposer stérilement les céréaliers (qui souffrent gravement du Plan Barnier, du cours mondial du blé, des affres de la révision de la PAC) aux spécialisés (maraîchers, arboriculteurs...), les bio aux non-bio, les AMAP aux exploitants...

La moitié de notre région est en surface agricole, exploitée par 6000 agriculteurs. Ils sont aujourd'hui en danger et n'échappent pas à la crise économique.

Cela nécessite une attention particulière pour trois raisons :

- la première est que nous devons soutenir les entreprises et il faut les considérer comme des entreprises !

- la seconde est qu'il ont une mission première : celle de nous nourrir ! Notre indépendance passe par cela. Chacun aura compris pourquoi de grands groupes agro-alimentaires se portaient acquéreurs de terres en Afrique (ce n'est pas pour mieux nourrir les africains, c'est parce que la nourriture va devenir un enjeu économique majeur en occident).

- la troisième est que nos paysages, nos réserves de biosphère, nos respirations, nos équilibres de biodiversité, passent par l'action de ces agriculteurs.

Aussi il nous faut proposer des modéles économiques viables. Le jour où le maraîchage permettra à un exploitant de vivre décemment sans faire 100 heures de boulot hebdomadaire, il y aura sûrement plus de maraîchers. Il en va de même pour le bio. Les offres ne peuvent pas se mettre aujourd'hui au niveau des demandes légitimes des consommateurs, simplment parce que ce n'est pas économiquement possible.

Evidemment il faut encadrer les marges de la grande distribution, évidemment il faut produire des aides aux agriculteurs en fonctionnement (emplois aidés, logement), évidemment il faut continuer notre rôle de portage des terres (ce que je fais avec l'Agence des Espaces Verts), tout en accompagnant les agriculteurs dans leurs

besoins (formation aux nouvelles pratiques, investissement en matériels...)

Je m'emporte, et m'éloigne de mon sujet...

Mais les agriculteurs m'ont donné hier une bonne leçon de communication ! Rien ne remplace les choses vraies et nous en avons tous assez des annonces, des annonces et des annonces !

Ce gouvernement cause mais n'agit pas pour l'intérêt général !

Pour les régionales je préfère le sens du réel de Jean-Paul Huchon aux quatre jeunes femmes ministres (Pécresse en tête) bien loin des réalités sociales de notre région !

agenda

mon p'tit sondage...

Commentaires

  1. Je réagis au passage concernant l'agriculture pour vous signaler un article paru dans Siné Hebdo du 3 février (p7) concernant le maire PS de Clermont-l'Hérault qui cherche à imposer l'implantation d'une plate-forme Système U de 6 hectares au détriment de terres agricoles... difficile pour beaucoup d'élus solfériniens de sortir du productivisme...

    j'en profite pour vous informer qu'un forum consacré à l'agriculture a été organisé par le Parti de Gauche à l'Assemblée nationale, forum auquel ont participé 8 spécialistes du monde agricole: Jean-Christophe

    Kroll et Marc Dufumier, professeurs d’économie et de développement agricole, Michel Merlet, directeur

    de l’association AGTER, Douglas Estevam de Via Campesina, Patrick Sadones, spécialiste des agrocarburants, Christian Vélot, spécialiste des OGM, Régis Hochart, secrétaire national de la

    Confédération paysanne, Jean-Marc Dellac, Vice-Président du Modef, Cécile Dubart de l’association Terre de liens et Agnès Carlier, agricultrice du réseau des AMAP. Débats intéressants et questions en suspens, notamment la nécessité à côté de l’agriculture biologique d’un appui à la transformation des modes de production de l’ensemble des paysans ; la politique foncière ; la

    formation et l’enseignement agricoles ; le financement de l’agriculture... Du pain (bio) sur la planche (issue de forêts gérées durablement) donc !

  2. culture et agriculture... merci olivier pour la mise au point ! il faudrait bien que les français jugent aux actes et propositions contre propositions... au lieu de ça trop de gens encore parmi nous se laisse intoxiquer par l'info gouvernementale et les vendeurs d'espoir

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maire de marcoussis, conseiller régional d'île de france

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